L’intermédiation digitale immobilière est une hot potato de la PropTech. L’immobilier mondial connaît actuellement un foisonnement d’initiatives, dont certaines auront probablement un impact sur l’avenir de l’immobilier. La plupart des innovations étant d’ordre immatériel, nous nous sommes particulièrement intéressés à celles qui ont pour objectif de redéfinir les codes de l’intermédiation digitale immobilière. À cet égard, 22 startups ont retenu notre attention.

Nous avons classé ces startups au sein de 4 tendances :

 

#1 : Améliorer l’expérience

#2 : Réinventer le Business Model

#3 : Offrir des outils innovants

#4 : Repousser les limites du marché

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Tendance #1 de l’intermédiation digitale immobilière : Améliorer l’expérience

 

En premier lieu, nous avons listé ici les startups dont le coeur de métier est de rendre l’expérience utilisateur (autrement appelée UX pour User eXperience) et ainsi l’intermédiation digitale immobilière la plus fluide possible. Ces startups ne se distinguent pas toutes de la même manière.

 

Flatter l’oeil

 

La réussite d’une plateforme dépend de son attractivité : une interface moderne, fluide et non trop surchargée semble être un atout indéniable, mais comment faire la différence ? Parmi les nombreux sites que nous avons parcourus, citons la startup OpenListings dont la présentation nous a semblé remarquable.

 

Décider de façon plus pertinente

 

Nul ne peut échapper au big data ! La masse d’informations évolue exponentiellement et son analyse structurée ouvre de nouveaux chemins d’aide à la décision. Les consommateurs que nous sommes sont de plus en plus avides d’informations pratiques, d’autant plus dans l’immobilier, un marché en partie opaque.

 

L’estimation de la valeur est quant à elle une information précieuse pour capter les vendeurs : de nombreux sites d’annonces vous permettent d’estimer le prix de vente de votre bien par comparaison, à l’instar de l’outil Zestimate mis en place par Zillow.

 

Partir à la recherche d’un bien, c’est parcourir une multitude de sites internet en paramétrant souvent les mêmes critères dans différents moteurs de recherche. Aujourd’hui, certaines plateformes proposent de nouveaux critères de recherche comme facteurs différenciants, rendant ainsi l’intermédiation digitale immobilière bien plus efficace.

 

« Je cherche ce que je suis. » pourrait être un précepte hipstologique (de l’anglais hipster, « jeune à barbe ») : plus que jamais, nous recherchons des espaces qui sont le reflet de notre identité, en témoignent le succès du Home Staging, des émissions de décoration ou encore des espaces de coworking bien agencés. De la même façon, les critères évoluent : je ne recherche plus « un quartier bourgeois », mais « une communauté de vie avec un marché bio et des cours de pilates à proximité ».

 

Initiative intéressante, la startup Match.PlaceILive est sans doute le portail détenant la quantité de données la plus élevée parmi ses pairs. Vous êtes en mesure d’explorer n’importe quel quartier et d’en connaître les moindres détails avec une précision stupéfiante : niveau sonore moyen sur chaque rue, niveau de criminalité, nombre de commerces à la ronde, avis déposés par d’autres utilisateurs, etc. En plus de vous donner libre accès aux annonces qu’il recense, le site enquête également sur vos habitudes et votre mode de vie afin de vous orienter vers le quartier qui vous correspondra le mieux.

 

Il émerge aussi des plateformes à destination des investisseurs, et qui s’approprient les critères de recherche de ceux-ci : taux de rendement, investissements en travaux… à l’instar de la startup Bevouac.

 

Evoquons enfin les plateformes qui renversent les rôles, mettant les vendeurs (bailleurs) dans la position de recherche de leurs acheteurs (locataires), comme le fait la startup française SmartLoc.

 

Mobile First

 

Vous le savez sûrement : le mobile représente une grande partie du trafic web. Nul ne peut prétendre redéfinir les codes de l’intermédiation digitale immobilière sans prendre cette donnée en considération. Le trafic mobile est même leader sur certaines catégories telles que les moins de 25 ans ou dans les pays en voie de développement. C’est la raison pour laquelle certains services immobiliers (et notamment les plateformes de location, qui s’adressent à un âge moyen plus faible que celles de vente) se déclinent désormais exclusivement sous formats mobiles – applications ou web. GetOliver est l’un des exemples les plus simples : une application qui permet de consulter des annonces locatives et de planifier la visite d’un bien en quelques clics.

 

Le mobile, c’est aussi la géolocalisation en champs proche. Et si les biens en vente faisaient leur pub eux-mêmes ? C’est presque le cas avec la solution que propose RealtyBeacon : une agence immobilière développe son application, et une fois celle-ci téléchargée par le prospect, il reçoit automatiquement les détails de la propriété sur son téléphone lorsque celui-ci passe devant. Le capteur Beacon est intégré dans un panneau « A vendre » ou « A louer » et diffuse – à qui souhaite l’entendre et dans un périmètre restreint – les informations que vous aurez paramétrées.

 

Le Beacon est l’une des technologies qui permet d’augmenter la réalité, et plus généralement, de mixer physique et digital, appelé aussi le phygital, et ayant pour objectif d’enrichir l’expérience de votre cible.

 

Prolonger l’expérience

 

Où en est-on de la 3D ? Il est d’ores et déjà possible de modéliser son bien en trois dimensions, avec notamment des outils développés par des startups telles que Snapkin, ou, encore plus performant, Matterport. L’application permet de modéliser un bien telle une maquette miniature – comme si une Google Car était passée créer un Street View de votre salon. Avec la 3D, l’intermédiation digitale immobilière va bien plus loin qu’une simple mise en relation.

 

Le corollaire de la modélisation 3D, c’est son exploitation en VR (Virtual Reality) : imaginez si avant même d’acheter sur plans vous pouviez déjà vous promener dans votre futur appartement ? Visiter votre futur appartement à Rio de Janeiro depuis votre salon à Paris ? La solution que développe Virtual-Xperience est (relativement) abordable ($400 à $800 pour un appartement 1 à 2 chambres) et opérationnelle dès à présent. Sans surprise, cette tendance a surtout conquis le marché des biens de luxe ainsi que celui de l’immobilier neuf.

 

Ces technologies permettent de se projeter dans son futur lieu de vie. Mais la meilleure façon de s’approprier son futur logement ne serait-il pas de l’essayer ? La startup RealStir propose à ses clients d’essayer le bien qu’ils envisagent d’acheter, avant même de formuler une offre.

 

Tendance #2 de l’intermédiation digitale immobilière : Réinventer le Business Model

 

L’une des principales douleurs de l’intermédiation immobilière se situe dans son coût ; il ne s’agit pas ici de déterminer s’il est justifié ou non, mais plutôt de voir quelles sont les initiatives qui ciblent cette douleur et comment elles y répondent. Certaines améliorent l’expérience afin d’en offrir « plus pour le même prix », d’autres s’attachent à réinventer le modèle de revenus.

 

Mixer plateformes et courtage

 

On les appelle les “hybrid brokers”, ils possèdent et gèrent tout aussi bien la plateforme d’annonces en ligne que les services de courtage IRL (“In Real Life”) auprès de leurs clients, à l’instar du mix phygital évoqué plus haut. Un peu comme si SeLoger possédait son propre réseau d’agents immobiliers. Ils sont décentralisés, abandonnant le pignon sur rue d’une agence immobilière classique. La plupart proposent les mêmes services pour un coût moindre et y associent des outils en ligne de dernière génération : visites 360°, outils CRM, data, etc.

 

Ils fournissent au final un rapport qualité perçue / prix supérieur au client. Aux Etats-Unis, l’un des fers de lance de cette tendance fut RedFin, qui a conquis près de 3% du marché américain en moins de 10 ans.

 

Si le monde des “hybrid brokers” est très étendu aux US, le modèle français qui s’en rapproche le plus est celui des mandataires (type CapiFrance) : uniquement accessibles en ligne, ils proposent généralement des commissions plus faibles que les réseaux traditionnels.

 

Disposer d’un agent immobilier à la demande

 

Comment trouver son agent immobilier aujourd’hui ? Rendez-vous à l’agence immobilière au coin de votre rue ? Ce choix ne semble plus d’actualité dans la nouvelle ère dans laquelle nous vivons. Aujourd’hui, vous avez accès à l’agent immobilier qui vous convient à tout instant du bout de vos doigts via votre smartphone. C’est en tout cas ce que propose l’application CurbCall. L’intermédiation digitale immobilière à la demande, on y est.

 

Un modèle fonctionnant grâce aux inter-cabinets sur le modèle du FichierAmepi dont l’équivalent américain n’est tout autre que la puissante institution MLS, où une très grande majorité des annonces du marché sont recensées. Suivons si Revolution.immo arrive à faire bouger le marché national sur ce principe.

 

Choisir ses prestations à la carte

 

Lorsqu’on s’apprête à recourir aux services d’un agent immobilier, l’une des principales douleurs provient du coût des commissions : 6% en moyenne en France lors de l’achat/vente d’un bien. Du côté du locatif, on parle souvent d’un mois de loyer perçu par l’agent immobilier lorsque celui-ci est impliqué dans la transaction (tarification cadrée depuis 2014 par la loi ALUR sur le marché Français).

 

Afin d’améliorer le rapport qualité/prix proposé à leurs Clients, de nouveaux services à la carte ont vu le jour : plus adaptatifs aux besoins de chaque client et visiblement plus satisfaisants eu égard à leur forte croissance. Ces agences proposent généralement aussi des services forfaitaires dont le prix est indépendant du montant de la transaction. Quelques exemples de startups : PurpleBricks au Royaume Uni, DuProprio au Québec, ou encore GoldenKey aux États-Unis.

 

Gérer soi-même la transaction

 

Le marché de l’immobilier est soumis à une forte intermédiation, parfois double (pays anglo-saxons notamment). En France, les agents immobiliers semblent reprendre des parts de marché au détriment des ventes de particuliers à particuliers, mais pour combien de temps ?

 

Nous constatons l’émergence de nouvelles solutions “peer-to-peer” (de particulier à particulier) telles que NoBroker qui s’attaque au marché Indien. Plus proche de nous, la plate-forme LouerVite mise en place par le groupe SeLoger et uniquement dédiée à la location est également ouverte aux annonces de particuliers.

 

En avril 2016, Orpi possède un nouveau site internet comportant un simulateur de prix, une géolocalisation précise des biens, et même la possibilité de gérer son annonce en ligne de particuliers à particuliers. L’innovation semble passer par le digital bien entendu mais également par la mue des métiers de l’immobilier. L’agent possédant désormais davantage le rôle de consultant et d’accompagnateur dans le cadre d’une transaction immobilière.

 

Tendance #3 de l’intermédiation digitale immobilière : Offrir des outils innovants

 

Vérification des antécédents en ligne

 

Étape incontournable lors du procédé d’achat ou de location d’un bien immobilier : le “background check”. La vérification de solvabilité ou l’apport de garantie est en marche d’être digitalisée et c’est ce que font des startups telles que Zumper. Cette plateforme uniquement tournée vers le marché de la location fait subir à tous ses clients une enquête sur leur santé financière. Cette forme d’intermédiation digitale immobilière permet aux clients d’aller plus vite : chacun se voit porteur d’un dossier qui fait état de sa solvabilité en fonction de laquelle la plateforme autorise le client à rechercher uniquement parmi des biens qui lui sont accessibles financièrement.

 

Digitalisation et sécurisation de la transaction

 

Quand intermédiation digitale immobilière rime avec sécurité : fini le temps où vos locataires vous envoyaient leur chèque par voie postale. Aujourd’hui, à l’intersection entre FinTech et monde de l’immobilier se positionnent bon nombre d’entreprises vous proposant des solutions pour vous aider dans la gestion de votre patrimoine locatif. Ainsi, des startups telles que PayLease ou OnRadPad par exemple, vous offrent la possibilité de tout gérer depuis votre canapé en vous connectant à votre simple ordinateur ou tablette. Cela passe donc par la collecte des loyers mais bien plus encore.

 

Les réseaux sociaux comme leviers de commercialisation

 

Et si tout le monde participait au marketing de votre annonce immobilière ? Utiliser la puissance de votre réseau, notamment via les réseaux sociaux est le pari un peu fou qu’a relevé Tudomus. Ainsi chacun de vos amis, connaissances peut participer à promouvoir le bien immobilier à vendre et recevoir en contrepartie une certaine rémunération.

 

Organisation de visites en ligne

 

Même si bon nombre d’outils numériques voient le jour et cherchent à digitaliser plusieurs aspects de la transaction immobilière, une des étapes primordiales de ce processus semble être irremplaçable : la visite du bien sur place. Toutefois, même si elle ne sera jamais remplacée, il est possible d’en améliorer le processus. Ainsi, des solutions telles que ShowingSuite permettent aux clients de faciliter l’organisation des visites d’un bien, d’améliorer le suivi et même d’en obtenir des statistiques. Un outil précieux notamment pour les agents afin d’améliorer et simplifier leur relation avec leurs clients.

Tendance #4 de l’intermédiation digitale immobilière : Repousser les limites du marché

 

Un marché immobilier est constitué par l’ensemble des biens proposés à la vente (ou à la location) à des acquéreurs (ou locataires) potentiels à un moment donné. Certains acteurs cherchent à repousser ces limites en redéfinissant les limites du marché lui-même.

 

Acheter une propriété qui n’est pas à vendre

 

Seriez-vous prêt à vous séparer de votre bien immobilier si vous receviez une offre à votre goût ? Votre bien possède une certaine valeur “de marché”, mais quelle est la valeur de votre bien aux yeux d’un individu qui a “flashé” dessus ? A partir de quel montant seriez-vous prêt à discuter ? C’est ce qu’avait décidé d’explorer la startup EveryHome, partant du postulat que chaque bien immobilier était potentiellement à vendre ! La plate-forme se proposait de mettre en relation tout acheteur intéressé avec le propriétaire, même (surtout) si ce dernier n’avait pas déposé d’annonce indiquant qu’il recherchait à vendre son bien. Bien que la plateforme n’existe plus, cette idée assez nouvelle a peut-être encore du chemin devant elle !

 

Chercher l’offre future

 

Et si vous cherchiez l’offre disponible dans 3 mois, au moment où vous libérerez vous même votre appartement ? C’était la promesse de RentHackr : chercher dans le parc d’offre prochainement disponible. Pour ce faire, le site invitait tout nouveau candidat… à indiquer les caractéristiques du bien qu’il libérait de facto ! Une approche très attractive pour les candidats locataires, mais aussi pour les bailleurs qui pouvaient espérer limiter la vacance intersticielle. Comme Everyhome, RentHackr semble avoir cessé ses activités.

 

Quel Uber pour l’immobilier ?

 

Les clients et leurs modes de consommation évoluent tout aussi bien que les solutions qui leur sont offertes. La mue des métiers de l’immobilier est en route avec des services qui ne cessent de se réinventer. Qui est donc en voie “d’Uberiser” l’industrie de l’immobilier ? Difficile de pointer du doigt un seul acteur, alors que cela semble être plutôt à travers l’ensemble de tous ces nouveaux services que la révolution est en marche.

 

Cet article est issu du blogpost la nouvelle donne de l’intermédiation immobilière digitale, originellement publié sur LinkedIn.

 

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