Chaque mois, Stonup présente sur Radio.immo une initiative dans le monde de l’immobilier, que ce soit en France ou à l’étranger, qu’elle soit née d’une start-up ou d’un grand groupe en se posant la question : En quoi cette initiative est-elle remarquable ?

Aujourd’hui nous allons parler de « Wework » le leader mondial du co-working.

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16$ Milliards de valorisation

« Wework » est une entreprise dont on parle beaucoup et qui nous fait rêver. Pourquoi ? Juste un chiffre : 16$ Milliards de valorisation, près de 1,3$ Milliards de fonds levés depuis sa création en 2008.

Une machine à cash, nouvelle, qui est aujourd’hui présente aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Mexique, au Canada, en Inde… Elle n’est pas présente en France, mais nous pensons que cela ne va pas durer.

Wework est une entreprise immobilière d’un nouveau genre qui a un peu moins de 100 implantations et qui ne possède pas encore d’immeuble.

 

Quelle est la méthode Wework ?

 

Un tour sur son site internet permet de l’illustrer : On voit une communauté qui est en train de discuter dans un endroit sympa autour d’une bière.

Là on remarque les 3 piliers de la méthode Wework : Un espace beau, une communauté qui partage des intérêts professionnels et aussi personnels autour d’un évènement social, un moment d’échange organisé par Wework. D’ailleurs ces événements ne se limitent pas aux horaires de bureaux : Wework organise des événements culturels, sportifs ou sociaux le week-end aussi.

Prenons maintenant l’exemple de Wework sur la 5ème avenue : la première chose que l’on voit sur la page internet dédiée, c’est Arielle Disner, la community manager de ce centre.

 

Qu’est-ce qu’un community manager ?

 

Arielle est une jeune femme qui s’occupe de gérer la communauté de Wework dans ce centre. Community manager, c’est un métier inventé pour les médias sociaux : Facebook, Twitter, etc.

Historiquement, le community manager, c’est celui qui gère la communauté d’une marque et s’assure des interactions de la marque avec ses clients. Par exemple, un client se plaint sur Twitter, le community manager va l’orienter vers le bon service client.

 Michel, je te présente Augustin, lui aussi est fan de cookies

Par extension, dans le co-working, le community manager est celui qui gère le lieu et alimente la communauté. Bien sur, il connait tout du lieu dans sa dimension immobilière classique, qui est un incontournable, mais il connait aussi les co-workers et du coup peut les mettre en relation à l’instar d’une soirée que vous organisez chez vous : « Michel, je te présente Augustin, lui aussi est fan de cookies »

Puisque le community manager les connait tous, il sait ce qui est important pour eux, quels sont les sujets qui les intéressent. C’est un peu comme le concierge du Grand Budapest Hôtel qui se souvient de la pâtisserie préférée de chacune de ses clientes ; de la même façon, le community manager organisera une conférence sur la cuisine moléculaire ou les 10 astuces du Story Telling.

Initialement, un espace de co-working vise principalement des indépendants et ça, Wework l’a bien compris. Parce que si vous êtes indépendant, cela veut dire que la communauté est vitale pour l’ambiance du lieu, pour que la mayonnaise prenne ; et si vous êtes indépendant, cela veut dire aussi que vous cherchez des clients.

Il faut savoir qu’il y a plus de 30% des co-workers dans les espaces de co-working matures qui font du business entre eux. Donc d’une certaine façon, on peut imaginer à terme sur ce modèle, que l’engagement long-terme qui est traditionnellement lié à un bail, sera supplanté par l’investissement émotionnel de la personne avec la communauté, ses avantages de networking – personnels autant que professionnels.

Gardons quand même garder à l’esprit que le phénomène demeure marginal pour l’instant en comparaison du stock de bureaux. Si tous ceux qui parlaient du co-working en occupaient un, Wework aurait déjà 1 million de mètres carrés à Paris !

Du Community Management dans l’immobilier

 

Ce que l’on trouve formidable avec Wework, c’est que l’on parle depuis des dizaines d’années de l’idée qu’un immeuble doit être plus que juste de l’immobilier, mais doit être un espace de vie. Wework a réussi à industrialiser cette approche. Ainsi, en faisant cela, ses employés ne sont pas des gestionnaires d’actifs, ce sont des community managers.

 Le Community Manager remplacera-t-il le gestionnaire d’immeuble ?

On voit que l’innovation n’est plus seulement technique ou digitale, mais aussi organisationnelle et relationnelle.

Une fois qu’on a compris cette méthode sur le bureau, on peut aussi l’imaginer, l’appliquer à d’autres aspects de l’immobilier. Qu’attend-on de son syndicat d’immeuble ?

Une version de base du syndic, c’est la gestion des charges et l’animation de l’assemblée de copropriétaires. A l’avenir, on souhaitera peut-être que son syndic puisse créer des liens dans une communauté de locataires et de propriétaires, et qu’ils auront plaisir à vivre ensemble et à s’entraider.

Qu’attend-on du directeur d’un centre commercial ? C’est de fédérer les énergies positives entre les commerçants pour savoir satisfaire le chaland.

 Donner à un lieu un supplément d’âme

Ainsi, nous pensons que le rôle du professionnel de l’immobilier de demain c’est celui qui, comme le chantaient France Gall et Michel Berger en 1987, donnera à un lieu « ce tout petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme, cette petite flamme ».