Il y a quelques jours, je regardais le documentaire « Pourquoi j’ai détesté les maths » où l’on suit, notamment, le brillant Cédric Villani, médaille Fields 2010.

Ce film est l’occasion de (re)découvrir deux des facettes des mathématiques qui vont au-delà des frustrations que ce champs a pu laisser chez certains lycéens (!) :

 

  • Les mathématiques définissent le monde contemporain : programmes, suivi de performance, moteurs de recherche, finance, tarifs aériens… tout est math ;
  • Les mathématiques sont un formidable lieu de créativité, et comme tout champs de recherche, il n’existe pas de recette miracle : on trouve par tâtonnements (y compris ce que l’on ne cherchait pas).

 

Ces deux caractéristiques m’ont fait réfléchir à la façon dont elles résonnaient avec l’innovation, et je souhaitais partager ces réflexions – et les challenger – avec vous.

 

« Innover, c’est hybrider »

 

S’il existe quelques innovations fondamentales (notamment en mathématiques), la plupart des innovations auxquelles nous sommes confrontés sont le résultat de la rencontre de plusieurs outils / méthodes / technologies existantes. Uber lui-même a construit son offre, disruptive, sur la base de plusieurs technos existantes (smartphone, géolocalisation, freelancing, etc.).

Dès lors, comment provoquer l’hybridation ?

 

Là aussi, les sciences dures nous indiquent la voie royale : celle de l’empirisme, ou la méthode Test & Learn pour être davantage fashionable. Il s’agit de tester une hypothèse vraisemblable et d’en constater les résultats, de sorte d’améliorer l’hypothèse et ainsi de suite, jusqu’à l’obtention du livrable satisfaisant.

 

Il est intéressant de constater que cette méthode, pleine de bon sens (nous y reviendrons), a été laissée de coté dans nos entreprises. La raison la plus évidente semble être liée au risque économique, celui-là même dont la maîtrise est devenue une ligne de métier à part entière : il est inacceptable de ne pas garantir les résultats financier d’un investissement.

 

Vraiment ?

 

Les leaders les plus emblématiques de notre époque mettent en oeuvre l’inverse, allant jusqu’à offrir des primes à l’échec :

Je souhaite aussi tenter une explication complémentaire, bien que moins établie : le monde professionnel actuel est constitué en majorité de générations formées au monopole de la pensée. Celle-ci laisse imaginer qu’il suffit de prévoir pour réaliser, et qu’il n’y a que peu (pas) de place pour se guider par l’expérience (qui est la définition même de l’empirisme).

 

Nous le constatons souvent dans l’industrie immobilière, où les projets font l’objet de programmations qui, pour de très bonnes raisons techniques, juridiques ou économiques, ne sont que très peu adaptés entre leur lancement et leur livraison, quand bien même il se passe plusieurs années entre les deux !

 

« Expériencez-moi »

 

Une partie du monde semble constituer le labo dont le consommateur serait le réactif et le marché, une panoplie de catalyseurs.

L’empirisme, c’est se baser sur l’expérience : l’observation, la mesure, etc. et donc sur ses sens. Et c’est là que je m’amuse – et j’espère vous aussi – à trouver un second parallèle.

 

La vague d’innovation actuelle attire et emploie principalement la Génération Y, celle-là même qu’on nous décrit comme en recherche d’identité, de repères, dans une société dans laquelle ils ne se retrouvent pas. Une génération en quête de choses qui résonnent en elle, avec ses valeurs et le futur qu’elle s’imagine.

 

L’empire du sens est au coeur de l’innovation

 

Bref, une génération en quête de sens, aspirant à créer (innover) le monde qui lui conviendra, ou au moins à trouver dans le monde tel qu’il existe, le sens qui résonnera en elle – à l’instar du chercheur qui cherche à interpréter des résultats bruts.

 

C’est ainsi que « l’empire du sens » m’est venu comme un moyen mnémotechnique sympathique pour garder à l’esprit que toutes les innovations doivent (i) se construire par expérimentation et (ii) trouver leur sens – sans offenser Nagisa Ōshima je l’espère !

 

 

Cet article est issu du blogpost Innovation : l’empire du sens originellement publié sur LinkedIn.

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