Si le coworking est à la mode dans une certaine partie de la population (notamment celle vivant, travaillant et buvant des macchiatos entre Bastille et République), c’est un phénomène encore peu connu du grand public – voire transgressif chez certains !

 

Le mouvement du coworking revêt tellement de facettes différentes, qu’il a créé autour de lui un certain nombre de fantasmes ou de préjugés : les coworkers vivent-ils vraiment en tongs 365 jours par an ? Le coworking est-il réellement une activité lucrative ? N’est-ce pas un épiphénomène ?

 

Stonup est parti sur le terrain enquêter ce qu’il en est réellement : Accrochez-vous à vos fixies.

C’est quoi le modèle du coworking ?

 

Il n’y en a pas, et c’est sans doute cela qui brouille les pistes : s’il existe bien un point commun aux centres de coworking (le partage de ressources communes avec plusieurs entreprises), la norme s’arrête là : il y a des espaces dédiés à une thématique (par exemple Usine IO qui s’adresse aux enjeux de prototypage produit), à un secteur (le Marketing Space), à une CSP (The Bureau), à un lifestyle (Kwerk), à un territoire (Sceaux Smart)… Il y a des espaces où la communauté est forte (Wework), des espaces axés sur la créativité (OpenMindKafé), des espaces éphémères (BAP) et surtout il y a de plus en plus d’espaces hybrides (par exemple le tout nouveau Secondesk, pour travailler quelques heures ou faire des réunions de brainstorming). En résumé, il existe différentes sortes de coworking, adaptés aux besoins et envies – un peu comme pour le coliving qui se décline en 6 grandes catégories.

 

Comprendre le coworking, c’est donc s’intéresser à un modèle spécifique à chaque fois ; facteur révélateur, je ne crois pas avoir déjà avoir rencontré deux grilles tarifaires identiques dans la vingtaine d’espaces que j’ai pu pratiquer ces dernières années.

 

Les coworkers sont-ils des marginaux ?

 

Autant commencer tout de suite par le plus évident : non, les personnes qui s’installent dans les centres de coworkings ne sont pas des punks à chien.

Plus sérieusement, qui sont les coworkers ? Environ la moitié d’eux sont des entrepreneurs ou des freelance. Si ces castes sont en forte progression ces dernières années, elles ne représentent qu’une faible part de la population active globale. D’une certaine façon, ce sont des marginaux : des gens pour lesquels le modèle classique du salariat ne convient pas et/ou qui développent des talents propices à la multitude de client externes (plutôt qu’à un unique client interne).

 

D’ailleurs les DRH des groupes du CAC40 vous le diront : les majors des meilleures grandes écoles les délaissent désormais au profit de l’aventure entrepreneuriale – fin de l’aparté.

 

Qui sont les autres 50% qui occupent les centres de coworking alors ? Des salariés, principalement affiliés aux entrepreneurs évoqués ci-avant, mais de plus en plus des salariés de grands groupes.

 

Qu’il s’agisse de coworking institutionnels (Wework, Next Door), ou d’un réseau fédéré (Neo-Nomade pro), les entreprises classiques testent de plus en plus les solutions de coworking, soit pour s’encanailler (faire une séance de travail hors-les-murs), soit pour disposer d’implantations satellitaires / de télétravail (Blue Office, Stop & Work) ou encore pour disposer d’une surface tampon sur quelques mois (par exemple le QG de Benoit Hamon qui s’est installé dans le nouveau Deskopolitan à Château d’eau).

 

Enfin, si l’on dénombre plus de 400 espaces de coworking en France actuellement, notons que selon l’un des principaux agent de la place, près de la moitié des surfaces louées de plus de 5 000 m2 dans les quartiers d’affaires de Paris en 2016 l’aurait été par des opérateurs de coworking (warning : nous n’avons pas eu accès aux sources).

 

En conclusion, l’institutionnalisation du mouvement coworking semble en cours, même si l’un des facteur clé de succès demeurera, à notre sens, la personnalisation : on ne veut pas quitter un Open Space à La Défense pour rejoindre… un Open Space à La Défense.

 

 

Cet article est issu du blogpost Ne dites pas à ma mère que je travaille dans un coworking, elle me croit dans un Open Space à La Défense, originellement publié sur LinkedIn.

 

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