Tous les mois, Stonup analyse une tendance dans l’océan de l’innovation immobilière.

Aujourd’hui, nous allons parler du coliving.

Vous allez me dire : encore un co-quelque chose ! Et vous aurez raison.

Bon, celui-ci est simple à comprendre : le co-living, c’est tout ce qui concerne les initiatives où l’on habite ensemble. Après les modèles testés sont très variés : cela peut aller de la résidence pour jeunes actifs avec centre de coworking intégré, aux auberges de jeunesse long-terme, voire à la colocation traditionnelle ; parmi les modèles d’inspiration, on peut citer la résidence étudiante, le kibboutz ou, bien sur, le coworking.

Les initiatives se multiplient dans toutes les capitales mondiales ; A Paris, citons la Start-Up House, The Coalition, et on peut s’attendre à ce que le projet @Home, la résidence de Xavier Niel à Ivry, surfera sur cette vague.

On en est a peu pres au meme stade que celui du coworking en 2010 mais nous nous attendons à ce que cette tendance se développe beaucoup plus rapidement que le coworking, car elle est soutenue, dès le début, par des acteurs avec d’importants moyens financiers.

Parmi les exemples significatifs on peut citer :

  • Dès 2014, Nexity a racheté WeRoom, une plateforme de mise en relation pour la colocation ;
  • En 2015, WeWork a lancé WeLive, son concept de résidences pour jeunes actifs.
  • Cet été, comme nous l’avons annoncé dans notre newsletter, c’est AirBnB qui a annoncé la construction de son premier community center. De quoi attiser notre curiosité !

Alors, quel rapport entre AirBnB et la construction ? On peut les considérer  comme des intermédiaires, du coup que signifie ce projet ?

L’origine de celui-ci vient du lancement de Samara, le nouveau studio de design d’AirBnB, piloté directement par Joe Gebbia, l’un des 4 cofondateurs du site.

La mission de Samara ? « l’utilisation des valeurs de la communauté AirBnB – à savoir le partage et la confiance – pour construire des services qui offrent des nouvelles opportunités de revenus, avec un champs couvrant l’architecture, le design, le logiciel et les modèles économiques innovants ». Rien que ça.

Pour son premier projet, Samara s’est intéressé à l’événement CODIVIDUAL au Japon. CODIVIDUAL, comprenez la contraction entre la COllaboration et l’inDIVIDU, est un concours pour inventer la maison de demain, dans un pays où déjà plus de 30% de la population vit seule. Mais c’est aussi une tendance mondiale.

Alors en quoi consiste le projet ? A première vue, c’est un projet assez humble, puisque l’on parle d’une maison dans le petit village de Yoshino, à deux heures de route d’Osaka.

Construite en bois, épurée et comprenant à son unique étage de quoi accueillir 6 hotes, le rdc accueille les équipements communs, les sanitaires, la cuisine, etc.

La particularité qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que ces équipements communs sont tant au service des hôtes que de la communauté locale. Ainsi, le back-packer australien et le jeune couple de français en voyage de noce seront accueillis par l’association culturelle autour d’une grande table d’hote centrale et conviviale.

Cela fait écho d’ailleurs à certains coworking qui surfent eux-mêmes sur leur ancrage ultra-local pour proposer leurs salles de réunion aux associations ou collectivités locales ou encore pour les réunions de copro.

Donc la première idée forte à retenir, c’est un nouveau type de communauté, réelle, mixte entre les locaux et les personnes de passage. C’est aussi probablement un nouveau type de CM : ce sont les acteurs du quartiers qui seront les community managers : ils seront en charge de l’animation du lieu, et deviendront les ambassadeurs de leur art de vivre et de leur patrimoine local.

C’est la raison pour laquelle AirBnB ne parle pas d’un hôtel, mais d’un centre communautaire. Joe Gebbia utilise même le terme de Novel, une contraction de NEW et HOTEL. Ce n’est pas anodin, car « a Novel » en anglais cela signifie aussi un Roman, dans le sens littéraire. Un terme particulièrement bien choisi à une époque où expérience et communauté écrivent l’histoire…

La seconde idée forte, même si elle reste à préciser, c’est que AirBnB devient promoteur. On sait que la start-up, malgré ses 30 b$ de valorisation, est poussée par ses actionnaires pour trouver de nouveaux relais de croissance. Dans le cas de ce projet, AirBnB est propriétaire du terrain, et prendra à sa charge les travaux. Les réservations se feront, bien evidemment, via la plateforme AirBnB et tous les revenus seront redistribués au village. Nous suivrons avec un grand intérêt si AirBnB reste propriétaire et surtout si cette initiative sera dupliquée à travers le monde.

Dernière info à retenir, et pas des moindres : l’ambition affichée par Samara, qui dépasse largement le marché actuel de sa maison mère : Samara parle « d’étudier tous les nouveaux types de commerce et de changement sociaux. » Au temps dire toutes les activités humaines, et leurs nombreuses évolutions actuelles, devenant immanquablement un acteur sérieux des nouveaux développements urbains !

A ce titre et pour conclure, rappelons qu’en 2014, AirBnB avait annoncé le lancement d’une plateforme dédiée à la mise en partage de poste de travail. Il s’agissait en fait d’un poisson d’avril, mais depuis, ce sont des centaines de millions qui ont été investis sur le créneau du bureau partagé.